Solennité, sérénité, dignité : ces vertus attendues pour la Justice sont ici, magnifiées.
Son ampleur, sa lumière, les courbes des voûtes qui lui dessinent un ciel, un dais : la halle de Freyssinet se prête à la dignité.
La hardiesse de sa construction ne visait qu’à s’effacer pour créer un palais – tandis que la trivialité des fonctions qu’elle abritait n’a pas de fatalité.
Sa grande nef est toute longueur : voici la rue des pas perdus, qui longe les salles d’audiences disposées sur les bas-côtés.
Le palais exige une entrée qui lui soit digne. Elle est dans l’axe de la nef et de la rue des pas perdus. Un escalier monumental mène de la cité haute – la cité neuve –, à la cité basse – celle de la ville et de son histoire.
Il faut maintenant descendre au palais ? Oui, comme la Justice, qui creuse, fouille et affouille les choses, les faits et les dires, les met à plat avant de les déplacer sur le socle du droit. Pareil déplacement se marque.
Il faut encore à ce palais un horizon : il est offert avec un jardin intérieur, qui se poursuit dehors, pour en marquer l’autre extrémité.
Ce palais est isolé, à l’écart de la rumeur de la cité, à l’abri de ses turpitudes, mais est au niveau du sol, car c’est de plain-pied que justice doit être rendue.
Ce palais est tout intérieur : son dehors disparaît avec la création de la cité haute et du jardin qui la coiffe. La lumière est faite, elle lui donne ses repères. Celle qui vient d’en haut ? la vérité… Celle qui efface ses extrémités ? des ouvertures, à la paix d’un jardin, d’un côté, et de l’autre à la scénographie de l’escalier, vers la cité haute. Celle qui en baigne les flancs ? elle creuse une profondeur, sculpte les salles, les nimbe.
Le Palais de Justice est en place, à sa juste place.